Les fraudes s'élèveraient à 36 milliards de dollars.

November 13, 2018

Lorsque j'ai commencé ma carrière en tant qu'examinateur agréé en matière de fraudes (CFE), mon expérience se limitait à des missions d'audit et de comptabilité, dans le domaine des entreprises principalement. Les victimes de fraude étaient en général des sociétés cherchant à quantifier un préjudice et à combler leurs lacunes en matière de contrôle. J'ai rarement rencontré une personne directement victime d'une perte réelle en raison d'une fraude.

Tout a changé au début de l'année 2009. Je travaillais sur la liquidation d'une société d'investissement immobilier lorsqu'un coup de téléphone inattendu a changé ma perception de la fraude. Je travaillais dans les locaux de la société d'investissement en liquidation, et le téléphone de la ligne principale a sonné. J'ai décroché le téléphone et au bout du fil, une voix douce, presque fragile s'est fait entendre. « Je voudrais avoir des informations sur mon placement. Je devais recevoir des versements d'intérêt mensuels, mais je n'ai rien reçu depuis un certain temps ». J'ai passé les 15 minutes suivantes à écouter cette personne et lui poser des questions, mais j'ai surtout écouté tout en prenant des notes. Cet appel téléphonique a été ma première confrontation avec les dommages émotionnels subis par les victimes de fraude financière. Tout à coup, le préjudice a cessé de relever d'un calcul mathématique, d'une évaluation type de contrôles internes défaillants ou de la collecte de documents sur une conduite dans le cadre d'une enquête gouvernementale. Je me retrouvais face à toute la souffrance financière et morale d'une victime.

Conseiller en investissement malhonnête

L'arnaque a démarré lorsqu'un conseiller en investissement a persuadé un groupe très soudé de personnes âgées d'investir leur épargne-retraite par son intermédiaire. Il leur a promis de faire des placements dans un portefeuille immobilier qui générait de bons rendements. Cette opportunité d'investissement « à ne pas manquer » n'était pas enregistrée auprès de la SEC. Elle était réservée aux « investisseurs qualifiés ». Ce n'était absolument pas le cas de ces retraités, mais cela n'a pas arrêté le conseiller, qui les a aidés à préparer de faux documents pour laisser penser qu'ils avaient ce statut.

Peu de temps après avoir effectué leur investissement, ils commencèrent à recevoir des chèques de distribution mensuels. En 2008, ce même conseiller contacta de nouveau les membres de ce groupe (ainsi que d'autres personnes) pour leur demander des fonds supplémentaires afin de financer des investissements dans d'autres propriétés. Cependant, ces nouvelles propriétés n'existaient pas. Comme dans tous les systèmes de Ponzi classiques, les nouveaux fonds servaient principalement à couvrir les versements de distribution aux investisseurs initiaux. Les chèques de distribution ont rapidement cessé de parvenir aux investisseurs, et la société de gestion immobilière finit par faire faillite.

La victime de fraude avec qui j'ai parlé lors de cet appel téléphonique en 2009, tout comme les autres victimes avec qui j'ai parlé dans les semaines qui suivirent, était réellement dépendante de ces chèques de distribution; elle avait alors dépensé toutes ses économies pour continuer de rembourser ses échéances hypothécaires. Toutes ses économies étaient épuisées; il ne lui restait rien pour rembourser le prêt hypothécaire. Cette fraude était financièrement catastrophique pour ces victimes âgées, mais leur souffrance morale était encore plus grande. Presque dix années se sont écoulées, mais j'entends encore la douleur dans leur voix. Elles avaient économisé pendant toute leur vie pour profiter de leurs dernières années. Leur sécurité financière s'est envolée à cause d'un conseiller en investissement qui a abusé de leur confiance.

Au total, des dizaines d'investisseurs ont été victimes de ce système de placement frauduleux, qui a collecté plus de 20 millions de dollars avant de s'effondrer. Par la suite, le conseiller en investissement a été exclu de la FINRA (Financial Industry Regulatory Authority) et sa société de courtage bannie du secteur des titres.

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